À Kyoto, différentes expériences touristiques proposent de découvrir l’univers des Ninja à travers le port de costumes, des initiations au lancer de shuriken, des gestes inspirés du kuji-kiri, des démonstrations scénarisées ou des séances photographiques. Ces activités peuvent constituer une première découverte de la culture Ninja. Cependant, découvrir l’apparence du Ninja est fondamentalement différent de l’étude du Ninpō en tant qu’art martial traditionnel.
De même, utiliser les appellations historiques « Iga Ryū » ou « Kōga Ryū » ne suffit pas à démontrer l’existence d’une transmission martiale ininterrompue. Le Bugei Ryūha Daijiten (武芸流派大事典), ouvrage de référence sur les traditions martiales japonaises, répertorie des lignées associées à Iga, Kōga et Togakure Ryū, tout en signalant des incertitudes historiques concernant certaines transmissions. Comprendre l’authenticité d’une tradition exige d’examiner ses sources, sa généalogie, la transmission de maître à disciple et les techniques effectivement enseignées.
À Ninjutsu Kyoto, l’instructeur Jérôme Pailliette enseigne le Ninpō Taijutsu et le maniement des armes traditionnelles à partir des enseignements martiaux qu’il a reçus de Hatsumi Masaaki Sensei, traditionnellement considéré comme le 34e Sōke du Togakure Ryū Ninpō. Hatsumi Sensei a transmis les enseignements attribués à son maître, Takamatsu Toshitsugu Sensei, et en a documenté différents aspects techniques dans ses publications.
L’entraînement comprend les fondamentaux du Ten Chi Jin Ryaku no Maki — mouvements corporels, kamae, tai sabaki, ukemi et déplacements traditionnels — ainsi que les techniques avec partenaire et le maniement des armes associées au Togakure Ryū Ninpō Happō Bikenjutsu. Dans l’environnement naturel de Takaragaike, à Kyoto, les pratiquants apprennent également à adapter leurs mouvements, leur perception et leurs capacités physiques aux changements de terrain et aux différentes saisons.
Le port de la tenue traditionnelle Shinobi peut parfois accompagner l’entraînement. Toutefois, l’essentiel ne réside pas dans l’apparence, mais dans ce que l’on apprend, la compréhension des techniques et les connaissances développées grâce à une pratique régulière. L’étude du Ninpō demande du temps, de la patience et de la persévérance.
Découvrir l’apparence du Ninja et poursuivre l’apprentissage du Ninpō sont deux démarches différentes. Cette distinction repose sur la transmission, les compétences martiales et la continuité de la pratique.